Perchée sur mes Lady Lynch, c’est 14cm de jouissance à chacun de mes pas.
Ma démarche assurée me vaut plusieurs regards aiguisés. Ce n’est évidemment pas mes yeux que ces harpies de fashionistas scrutent… Vous m’auriez vu quelques années plus tôt, des converses aux pieds, un débardeur moulant, ma « fausse » poitrine. Elle n’a pas pour autant augmenté, j’ai stagné sur mon 90A mais je ne le cache plus.
Aujourd’hui j’ai décidé d’allier tous mes vieux vêtements à ma nouvelle acquisition : Lady Lynch vernis noir de chez Christian Louboutin.
J’ai sorti mon jean Diesel, qui moule encore parfaitement mes fesses et me vaut quelques compliments de mes amis, enfin je ne suis pas sûre qu’ils soient désintéressés mais il va de soit que je fais la sotte! Je retrousse comme la tendance l’exige et je coupe, déchire et admire le résultat.
Mon débardeur blanc de chez American Apparel échancré là où il se doit, assez long juste où il faut.Dur d’être sensuelle et simple à la fois, le secret réside dans un jeu de cache cache des plus puériles : je couvre ici pour dévoiler mes atouts là…
Une veste tailleur Pierre Cardin empruntée à ma tendre Maman : épaulettes mesurées, couleur ébène.
Épaules confortablement habillées, je touille ma tasse de café et observe couples, jeunes filles, mères, hard workers et toutes celles qui me ressemblent.
« Les deux magots » me fait sentir spéciale, sa terrasse me rassure et ses passants m’amusent.
Le choix du vernis nacré s’avère judicieux et ma bague Cartier offerte par un amour passé me brouille l’esprit. Je ne réfléchis plus, je pense à lui. Je piétine passions submergées et amours déchus avec ma semelle rouge, je m’en vais rejoindre celui qui me manque tant.
Nous sommes toutes influencées par ceux que l’on aime.
J’aime les couleurs vives, mes poignets sont ornés de bijoux, mes chaussures défient teintes et hauteurs. Ce que j’aime le plus, c’est lui plaire, alors je joue la working girl overbookée, je détaille mes journées dans un agenda en cuir de veau rouge Lancel, mes tenues sont classiques. Mon extravagance le dérange je pense, mes breloques font bien trop de bruit. Pour lui je me sépare de l’enfant qui ruissèle en moi et enfile mon costume de femme.
La mode a son mot à dire en amour.
FROU AKALAY ACHOUR


















